Mercredi, c’est atelier motricité !

Chaque mercredi je propose un atelier de motricité aux enfants du RAM. J’alterne sur 2 lieux d’accueil différents et l’un d’eux à l’avantage d’être un gymnase. Du coup j’ai énormément de matériel à disposition pour proposer diverses activités motrices. Le RAM a, lui aussi, du matériel comme des vélos, voitures, balles, dalles sensorielles etc…

Ces ateliers sont importants pour moi car ils me permettent de voir les enfants sauter, ramper, marcher, courir, grimper, s’explorer, se challenger, se tester …. en toute sécurité, à leur rythme, sans interdit, sans « attention », sans « nooooon », sans « tu vas te faire mal! », sans « doucement » et toutes ces expressions qu’on connait toute trop bien et qui aujourd’hui agressent mes oreilles. Je n’en veux plus dans mes ateliers. Je prône le « oui tu peux », « c’est très bien », « vas y je te regarde faire ».  L’enfant n’a pas encore eu le temps de faire quoi que ce soit que toutes ces phrases stressantes et non sécurisantes ont fait le tour dans la bouche de l’adulte. Lâchons prise, laissons les faire. Notre oeil vigilant et notre présence leur permettent de tester, de faire, d’oser.  

Je fais en sorte de sécuriser chaque atelier pour que si un enfant échappe à la vigilance d’un adulte, la chute éventuelle ne soit rien de plus que de se remettre sur pied. Il ne faut pas se leurrer, des « badaboum » il y en a. De plus ça permet que l’enfant ne soit pas en attente de l’adulte pour faire. 

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Pour ce parcours il s’agit de monter, descendre, sauter, marcher à 4 pattes ou debout et ramper.Il y a un jeu d’équilibriste au niveau du banc. Avec L. je me suis amusée à lui donner différente directive après qu’elle ait exploité le parcours debout, puis à 4 pattes. Je lui ai proposé de le faire en reculant. Elle a adoré. D’elle même, elle s’est mise à 4 pattes pour le faire, et s’est mise a ramper sous les mannequins. Elle courrait pour retourner au début du parcours. Une glissade du banc ne lui a pas donné envie de reprendre au début alors a démarré après celui-ci. J’ai modifié le parcours pour lui permettre de passer sous le V inversé. 

C. nous a vite rejoint et ensemble elles ont fait des glissades sur le « DIMA » rouge et bleu avant de sauter d’en haut « comme Spiderman » m’a dit L. 

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Ce parcours beaucoup plus petit était mis en place pour les tout-petit qui aime se laisser glisser sur la forme arrondit du boudin central. Ils peuvent monter, descendre, se faire glisser sur les fesses ou le ventre. Voir même bouger les différents modules. Ils adorent tout déménager, pousser, parfois porter quand c’est pas trop lourd pour eux.

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Pour les bébés qui travaillent au sol, il est important de penser aussi à les stimuler. C’est pourquoi je leur propose des balles de différentes tailles et couleurs. Ils peuvent essayer de les attraper, les porter, les mettre à la bouche, les reculer, les faire tomber,chercher à les récupérer etc … Des galettes sensorielles sont aussi misent à leur disposition pour qu’ils puissent avoir différents ressentis par rapport aux formes. Je propose aussi un tapis bien surélevé pour leur permettre d’avoir une vision qui porte au delà de ce qui pourrait boucher leur vue. Les assistantes maternelles,obligatoirement présentent, peuvent s’asseoir dessus ou sur le bord sans risque d’affaisser le pouf qui est très dur. 

En second plan vous pouvez voir la voiturette qui est l’idole de l’atelier. Les enfants, entrent et sortent de cette voiturette un nombre de fois incalculables. Ils ferment la porte, l’ouvre, remonte, referme, rouvre, ressorte, referme, rouvre…. c’est  sans fin et passionnant pour eux. Ils reculent avec les pieds plus facilement que d’avancer car leur bassin avance de trop.  Ils se poussent aussi et apprennent à ne pas foncer dans les murs. Ils ralentissent, tournent, courent, ralentissent de nouveau quand il y a un obstacle. Evidemment ça se travaille. Il faut leur expliquer qu’il ne faut pas rouler ici ou sur les objets placés au sol. Il faut qu’ils comprennent qu’il ne faut pas foncer droit dans le mur etc etc… Et ça marche et c’est fantastique de les voir évoluer si rapidement. 

Les balles quant à elles, sont lancées, mordillées, roulées au sol, tapées, poursuivis, transvasées, cachées, pincées…. elles en voient de toutes les couleurs.

 

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Et puis, évidemment, les éternels galets sur lesquelles les enfants peuvent marcher. Certains les lancent pour les faire se  retourner. S. lui cherche à les faire  tourner comme des toupies, souvent imité par T. Ils adorent les déplacer aussi, les remettre dans le sac, que je laisse à disposition. Ils mettent, retirent, remettent… Un grand moment. 

Evidemment les activités sont plus simple quand on a tout le matériel à disposition. Je n’ai pas tout ça dans l’autre lieu d’accueil. C’est pour ça qu’il faut avoir un peu d’imagination. La semaine prochaine, je vous montrerai ce que je fais avec les moyens du bord qui sont très très limités.

Si aujourd’hui je voulais vous parler de l’importance de la motricité chez les jeunes enfants, c’est surtout qu’hier j’ai assisté  à une conférence animée par Perinne Henry d’Aulnois, praticienne en éducation psycho-corporelle. Même si son intervention était très/trop courte par rapport au sujet, elle a su me mettre l’eau à la bouche et me pousser à l’achat de quelques livres qu’elle nous a chaudement conseillé. Aujourd’hui je ne vous donnerai pas les titres, j’attends de les lire et les comprendre avant de vous les conseiller. Elle a su nous expliquer simplement, comment laisser l’enfant évoluer seul est primordial pour son bon développement physique, psychique et émotionnel. On ne s’imagine pas le mal qu’on peut faire à  ces tout-petits en leur faisant griller des étapes, en ne leur permettant pas d’exploiter au mieux leur corps. Chaque étape de progression est une auto-satisfaction pour eux, un apprentissage supplémentaire pour aller vers un nouveau. Ne voulant pas parler pour elle, car je débute dans le sujet si je puis dire, je vous invite à faire un saut sur Tous en mouvement

Mon travail en RAM est d’accompagner les assistantes maternelles dans leur travail à elle, les aiguiller dans leur façon de faire quand il y a besoin. J’en vois beaucoup qui pose l’enfant assis alors que lui même n’en est pas là. Elles calent l’enfant entre leurs jambes croisées ou sur la jambe. A ce niveau elle maintienne la plus part du temps l’enfant qui alors n’a aucune possibilité de mouvement, d’exploration. J’en ai vu une autre, poser l’enfant en position assis et quand le petit chavire et enfin commence à pouvoir se tourner, à battre des pieds, à lever les bras…hop l’ass mat le remet assis et comme pour s’excuser m’a dit  : « j’arrête pas de le mettre assis, mais il  ne tient pas ». Si j’ai voulu participer à la conférence de Perinne, c’était dans un soucis d’accompagnement de ces professionnelles qui ne semblent pas se rendre compte que l’enfant a besoin de s’explorer pour ensuite explorer le monde qui l’entoure. L’important est de pouvoir s’appuyer sur des vérités qui donnent plus de force à mes remarques. Effectivement, dire pour dire juste parce que c’est ce qu’on nous répète en formation, ça n’a absolument aucun intérêt.

C’est pourquoi il est nécessaire de continuer à s’informer, se former et remettre en question nos pratiques même une fois lancer dans la profession. On est légitime du fait d’être diplômée, mais nous sommes loin de maîtriser quelconque sujet.C’est ce qui me motive dans le métier d’EJE.

See U !!

 

25 novembre, 2015 à 1:38


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