Patouille culinaire

Cette semaine j’ai proposé aux enfants du RAM de faire de la patouille. Cette fois-ci j’ai piqué une recette sur internet sur le site de L’esprit vient en jouant, que j’adore. Cette pâte à patouille est faite à base de produit alimentaire donc n’est pas nocif pour l’enfant. Pour ce qui est du colorant, je ne trouve pas ça génial, je suis contre tous les produits industriels mais les enfants n’avalent pas le tube, juste ce qui traîne sur la main, donc il n’y a aucun danger. Sur la tablée du jour,  1 enfant sur 7 a mit la main à la bouche. Pour ce qui est de jouer avec la nourriture, je n’ai aucune culpabilité sachant que pour moi le colorant n’est pas un aliment et la fécule de pomme de terre n’est pas comestible seule. Enfin bon, je trouve de travailler ces aliments moins questionnant que la semoule, le riz, les lentilles etc… qui eux, servent à une nourriture quotidienne.

La préparation est simple, rapide et tout à fait faisable avec les enfants. Je préfère que l’activité se fasse de  A à Z avec eux, de cette manière ils peuvent participer et surtout voir comment se font les choses.

Pour commenter ce post, je m’appuie principalement sur les enfants du groupe du jeudi. La plus jeune avait 16 mois et le plus âgé, 28 mois. Ils sont plus nombreux et sont souvent éparpillés, si je puis dire. Ils jettent tout parterre, se disputent et  tournent un peu en rond. Je les observe beaucoup pour connaitre les centres d’intérêt de chacun aujourd’hui et surtout pour les recentrer sur ce qu’ils font. Par exemple, H. a jeté toutes les grosses perles molles parterre ce matin, puis a prit un puzzle. J’ai repris avec elle et lui ai demandé de ramasser les perles qu’elle avait jeté et de les remettre sur la table. Sans broncher elle l’a fait, puis ensemble nous avons fait le puzzle. L’attitude de l’adulte joue beaucoup j’en suis consciente. J’y travaille aussi, tant bien que mal.

C’est très important de continuer l’observation même sortie de formation. T. qui est vu comme une tornade, a un besoin de travailler ses mathématiques. Il adore transvaser, empiler, ouvrir/fermer, tourner les pages du cahier de chansons encore et encore, … il se concentre énormément dans ces cas là. En lui proposant ce qui l’intéresse, il sait se concentrer et l’image de la tornade s’envole. Pas tout à fait encore, aux yeux de son ass mat, mais Rôme ne s’est pas construit en 1 jour.

Revenons-en à notre activité :

Le matériel (les dosages sont pour 1 enfant) :

- 55 gr de Maïzena

- 45 gr d’eau tiède

- une balance alimentaire

- une cuillère à soupe

- une cuillère à café

- trois conteneurs en plastique

- du colorant alimentaire

- une feuille épaisse noire

A faire :

Verser la maïzena (ou faites verser par l’enfant  l’aide de la cuillère à soupe) dans un des conteneur et présentez-le à l’enfant qui peut d’ors et déjà toucher l’aliment. C’est tout doux. Certains goûtent. Ce n’est pas grave, c’est juste pas très bon au goût. Leurs grimaces nous en disent long… Invitez-le à verser le tout dans un autre conteneur.

Verser l’eau tiède dans le 3ème conteneur et présentez-le à l’enfant qui pourra : mettre la main dedans, verser le liquide sur la maïzena soit d’un coup, soit à l’aide de la cuillère à café.

S’il le souhaite, quelques gouttes de colorant peuvent rendre plus intéressant l’activité. Le mélange des couleurs est parfois  surprenant.

Une fois que l’enfant s’est bien amusé avec cette patouille, vous pouvez lui présenter une feuille pour qu’il puisse étaler comme il le souhaite, cette mixture étrange qui varie entre le liquide et le solide. Je propose une feuille noire car les couleurs ressortent beaucoup plus que sur une feuille blanche.

Ce qu’a permis cette activité :

- pour les enfants

A ce que j’ai pu voir, certains ont transformé cette activité en transvasement, faisant couler le tout d’un pot à un autre. D’autres ont tout versé sur la feuille pour étaler avec les mains. L. lui a préféré étaler avec la cuillère, par petites touches de ci de là. S. lui, a préféré taper des deux mains dans le conteneur et éclabousser son ass mat. Fou rire assuré. Chacun y va de son invention, de son envie.

Cette mixture particulière leur permet de découvrir une texture poisseuse, ce qui développe leur sensation au niveau du touché.

Le fait d’être plusieurs enfants, leur a demandé à chacun, une grande patience quand j’ai pesé et distribué les matières premières. Attendre peut être difficile pour certains et cette fois ci, ça a permis de les centrer sur l’activité. De belles choses se font avec le temps. Les enfants de cette matinée étaient assez éparpillés en octobre et plus le temps avance et plus je les sens concentré sur ce qu’ils font. C’est super de voir ce genre de choses.

Les enfants peuvent se salir sans problème, la maïzena part facilement. Le colorant un peu moins, mais il reste facultatif.

Le mélange des couleurs est parfois source d’étonnement, les enfants touchent, font tourner le tout avec leur doigt ou la cuillère. Ils goûtent parfois. Et surtout, ils voient leurs mains se colorer. La couleur s’étale sur la feuille : ça fait des traits, des gouttes, des pâtés, ça coule parterre, sur la table. Et puis ça sèche très vite et quand ils grattent, ça fait de la poudre. C’est magique !

La réaction des enfants est complètement différente de l’un à l’autre. M. n’a pas du tout du tout voulu toucher à « ce truc », S. n’a pas hésité une seconde à plonger les deux mains, L. lui, a travaillé avec la cuillère et les mains avec beaucoup de patience et de méticulosité. Il serait bien resté encore un peu à patouiller si l’heure n’avait pas si vite tournait et T. s’en est désintéressé une fois que la patouille était étalée sur sa feuille : plus de transvasement possible = plus intéressant pour lui.

-pour les adultes

Cette activité se vit dans l’instantanéité. Effectivement, la maïzena craquelle sur la feuille. Impossible donc de ramener le souvenir à la maison. Les enfants vivent dans cette instantanéité et le côté productif ne sert que trop souvent à rassurer le parent qui pense que la productivité est signe de capacité chez l’enfant. J’y vais un peu fort sur les mots, je le sais bien. Ça permet aussi aux ass mat de lâcher prise par rapport aux demandes qu’ont les parents. Beaucoup leur demande des « preuves » matériel, du travail fournit par l’enfant.

Cette activité me permet aussi de montrer aux adultes que même si l’enfant salit l’espace, rien n’est dramatique. Tout se lave (surtout l’alimentaire) et le principal c’est de s’amuser.

Le côté un peu cracra de la patouille fait qu’aucun adulte ne touche. L’enfant fait donc comme il veut, sans qu’on lui prenne la main pour faire à sa place, sans que l’adulte n’intervienne physiquement dans son espace créatif. Et ça fait du bien.

Je conclurai ce post par quelques photo créatives…

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See U !!

26 novembre, 2015 à 5:55


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